MSM #010

 

Prévioussement, dans MSM :
L’animateur et Rangiroa prennent quelques jours de repos bien mérités sur un motu isolé, quelque part au nord-est de Tahiti. Il s’agit de permettre à Rangi de « trouver ses marques », étant donné qu’elle n’a jamais vraiment marché physiquement à la surface d’un monde à forte gravité, et aussi de lui procurer un environnement plus stimulant que les couloirs d’une colonie lunaire. L’animateur ne s’en est pas vanté, mais lui aussi, il doit retrouver ses jambes terrestres, car la pesanteur lunaire ne lui fait aucun bien ! Finalement, nos radio-pirates préférés ayant retrouvé un certain tonus, ils descendent vers Papeete, visitant au passage le campus le plus prodigieux de tout l’univers : le Tahitech et ses îles artificielles.

 

—Chers auditeurs, nous voici donc à Papeete en situation réelle, et comme je le craignais, Rangi a la tête qui tourne.
Rangi : (riant) Roooh, il faut toujours que tu exagères. Mon processeur central est extrêmement stable.
—… … Mais… Tu n’as même pas de processeur central ! Ton système est une bulle FPGA de dernière génération, pas une CPU classique. Et j’ajoute que ce genre de truc coute la peau du cul. « Des millions d’euros », en français !
Rangi : Désolée, j’écoutais pas. Tu dis que je suis une poule de luxe, c’est ça ?
—Nan, plutôt l’heureuse propriétaire d’un matériel volé hors-de-prix. Et je ne parle même pas de ton corps cybernétique : celui-là, boudiou, même au marché noir, j’ai eu du mal à récupérer les spécifs. Maudit Consortium !
Rangi : (rigole de bon coeur) Mais nous sommes des pirates de l’espace, mon cher. Nous devons mener grand train ! Ceinturons à escarboucles. Pistolets incrustés d’or, d’orichalque et de platine. Sabres à antimatière, Mille Tonnerres ! … Des cerveaux programmables à plusieurs millions, pffffff ! Ça va pas nous faire reculer, ce genre de broutilles.
—Oui, heu, tu sais, entre ça et la « récupération » du Witch, ma tête doit probablement être mise à prix sur plusieurs planètes dans le Système Solaire.
Rangi : Tu as toujours rêvé de prononcer ces mots, hein, avoue !
—Tu me connais si bien. 😀
Rangi : (percute soudain) Aaaah, mais c’est pour ça, en fait, que tu t’es laissé pousser la moustache. Les caméras du Tahitech, tout ça.
(déçu) Mais… Non, pourquoi ? … Je croyais simplement que tu aimais !
Rangi : (rire contenu) Heu… non.
(déception sensible) Ah.
Rangi : (taquine) Pourquoi, ça a de l’importance ?
(oui oui) Non non.
Rangi : (change de sujet) Tiens t’as vu, ils ont toujours le laser rouge sur la Tour d’Exale. Ça au moins, ça n’a pas changé.
—Oui, héhé, heu, Rangi, ma petite souris thermo-optique à calibrage métachrone, tu te souviens de ce que je disais l’autre jour à propos de la discrétion, la menace du Consortium, tout ça ?
Rangi : Tu dramatises. Tout ce que nos auditeurs savent, c’est que nous sommes déjà venus ici avant. Pas le nombre de fois, ni les circonstances. Comment veux-tu que cela ait la moindre signification ?!
(riant) Ma chère, tu serais surprise de la finesse des sbires du Consortium. Il y a des gens qui ont disparu pour moins que ça…
Rangi : … pour finir sous le bistouri du Professeur Zen, si on en croit les rumeurs.
—Tu ne soupçonnes pas le dixième de ses méfaits. Ou ceux du Consortium Lunaire.
Rangi : Ah ! Révélations fracassantes du fameux « prisonnier libéré » ?
—Par exemple, oui. Il m’a confirmé des choses que j’avais déjà inférées de mon côté. Et suggéré d’autres. Que j’ai depuis vérifiées.
Rangi : Curieuse je suis.
(aspirant l’air entre ses dents d’un air douloureux) Tu ne devrais pas, ma douce waifu orange-caramélisée au lait concentré sucré. Ce sont là des choses sinistres, et pesantes. Une conversation pour un autre jour. Peut-être même une émission spéciale.
Rangi : (avec un ton chaleureux) C’est vrai que ce serait dommage de gâcher notre escapade tahitienne…
—…et ta confiance en l’humanité.
Rangi : Hein ?!
—Non rien, rien. Dis donc, j’ai très faim, je me prendrais bien un truc à grignoter en marchant.
Rangi : D’accord, mais prévois une portion pour que je puisse savourer ! Et c’est moi qui donne les billets ! … ET, ET, ET, qui passe la commande ! La boulangère a l’air sympa, je veux lui causer.
(dubitatif)
Rangi : (défiante) Quoi, j’ai bien le droit de me faire UNE copine terrienne en vacances, non ?
(se rend à l’évidence, mains ouvertes) Complètement, complètement. … Juste un détail avant.
Rangi : (agacée) Quoi, encore !? Faut que tu passes un coup de fil au Président de la Polynésie ?
(ennuyé) Non, écoute, heu, c’est pas ça mais… Ne lui dis pas que tu t’appelles Rangiroa.
Rangi : Ha bon !? De mieux en mieux ! Et on peut savoir pourquoi ?!
—Parce qu’elle trouverait ça bizarre. Dans la mythologie polynésienne, Ranginui, Rangi, ou même Rangiroa c’est pas une déesse, mais… un dieu. (rire désolé) Le Dieu du Ciel, plus exactement, mais une entité masculine, quoi.
Rangi : (effarée) KEU-WA ?! Mais… (ton soudain plaintif qui grimpe dans les aigus) Mais je croyais que c’était une île somptueuse des Tuamotu !
(coupant le micro de la radio, et parlant très vite) Ouiiiiii, bon, heu, oui. C’est bien pour ça que je t’ai donné ce nom : tu étais sublime dans ton sarcophage du Consortium, avec ta peau nacrée, tes yeux bleus grands ouverts et tes longs cheveux blonds, alors je t’ai donné le nom de la plus belle chose bleue et blanche et dorée que j’ai jamais vue. L’atoll de Rangiroa. Voilà, ça s’est imposé à moi comme ça, en un éclair, une histoire de choc visuel, de couleur, de longueur d’ondes, même, bref ça tombait sous le sens.
Rangi : (bouche ouverte, sourcils en orbite, assimilant les dernières phrases)
(très très embarrassé) Et puis si ça peut te consoler, « Dieu du Ciel », c’est très exactement ce que j’ai dit lorsque je t’ai vue pour la première fois…
Rangi :
—Donc ton nom, en vérité, tu le mérites DEUX FOIS !
Rangi : (complètement attendrie, d’une toute petite voix) C’est la chose la plus belle -et aussi la plus idiote- que tu m’aies jamais racontée !
—Oui, bah, je regrette rien. J’aurais dû consulter la mythologie avant de te baptiser, mais d’un autre côté, « Rangiroa », c’est magnifique. Musicalement, éthymologiquement. En tant qu’île, en tant que dieu, et en tant que gynoïde la plus avancée de tout le monde moderne. (voyant que Rangi déborde de fierté à cause de la dernière phrase) Oui, bon, hein, ça va les chevilles ? Tu sais très bien ce que j’ai voulu dire ! Crâneuse !
Rangi : (secouant la tête, encore sous le choc, incrédule) Hé bah toi alors, tu sais parler aux femmes artificielles !
—Voilà. Maintenant, si tu permets, je vais rebrancher le micro et m’excuser de la coupure auprès de nos aimables auditeurs.
Rangi : (sur un nuage, comme anesthésiée) Et moi je… passe commande… (marmonnant pour elle même) … sans donner mon illustre prénom dont je suis désormais ENCORE PLUS FIÈRE !
(intonation pro) Désolé messieurs, il y a eu… heu… une perturbation temporaire du sub-espace qui a causé du souci à nos algorithmes de suivi, mais le pire est passé ! Sans transition, je lance donc le morceau du jour : il s’intitule « Etch-A-Sketch » (« télécran » en français) et c’est -encore- un moment de sourire plein de virtuosité, et la bande sonore de la démo du même nom par le groupe nordique « Candela ». Teetow, son compositeur, est un musicien accompli, on lui doit par exemple l’excellente musique de « Fair Play To The Queen », ainsi que bien d’autres réussites, dont celle que vous écoutez depuis le début de l’émission (et qui est une collaboration).
Je vous laisse donc apprécier, pendant que nous poursuivons notre tour sur le remblais du Tahitech.
Rangi : (de sa voix la plus enjouée) « Oooooh yeah ! »
—C’est tellement plus cool quand c’est moi qui le dit…
Rangi : (insolente) Ce n’est clairement pas l’avis du courrier des auditeurs !
(ricanant tranquillement) Dieu du ciel, ces babouins !

 

MSM #009

 

—Haaaaaa, les vacances ! Le soleil, le sable chaud. Et la belle Rangiroa en bikini qui court d’un bout à l’autre de la plage avant de plonger dans les eaux turquoises encerclant le motu.
Rangi : (émergeant de l’océan telle une Aphrodite) Viens te baigner, elle est bonne !
—Dans un instant, ma sirène bio-ionique fortement cancérigène, dans un instant… Il faut d’abord que j’explique aux auditeurs ce que nous foutons sur un ilôt perdu du Pacifique. C’est que, voyez-vous, le Witch est un moyen de déplacement très très TRÈS performant. Pour venir depuis la base lunaire jusqu’à ce coin perdu (et béni des dieux), il ne faut que quelques minutes à tout casser, rentrée atmosphérique comprise, et…
Rangi : (le coupant, lointaine) Rooooooh, il y a un énorme poisson, là, viens voir, oh bon sang qu’il est beau !
—Oui, heu, fais gaffe aux requins, quand même, hein. Et prends une photo de ton poisson, là.
Rangi : (loin) Nan. Je préfère voir avec mes yeux.
—Plutôt d’accord, sur le principe. (rires) Je disais donc que Rangi ne connaît, en gros, que la Lune et ses quelques habitats pressurisés, bref, elle adore venir sur Terre.
Rangi : (sortie de l’eau, se rapprochant) Oui bah c’est normal, c’est quand même de là que je viens, comme toi. Et puis ce ciel géant ! Ce vent ! Et d’ailleurs… Snif ! Snif ! C’est quoi cette bonne odeur, là, le truc que tu manges ?
—Ça ?! Un beignet. Un genre de churro, quoi. Je l’ai acheté vite fait au port, tout à l’heure…
Rangi : Ça sent vachement bon, dis donc ! Je peux goûter ?
(lui tend un morceau de la taille d’une noix) Tiens. Fais gaffe, c’est très tiède. 🙂
Rangi : (mord dedans et savoure) MMMMmmmmMMMMmmmmh, mais ch’est terrible, che truc ! Y’a plein de chucre ! Cha craque chous les dents. Ch’est trop bon !
—Ton capteur gustatif est vraiment un genre de malédiction, en fait ! (rires) Oui alors pour nos auditeurs, Rangi n’est pas encore très accoutumée à l’environnement terrestre et sa richesse. Combinez ça avec un sens du goût de qualité médicale, et à un odorat supérieur à celui de certains chiens…
Rangi : Je renifle un babouin à 200 mètres !
—…et vous comprendrez mieux l’intensité de ses réactions face à un monde qu’elle ne sait pas encore filtrer (contrairement à nous autres).
Rangi : La Lune ne sentait pas grand chose, à part l’air conditionné et la poudre à canon.
—Autre exemple : la gravité. Madame a peut-être le port d’une reine tout là-haut à Tycho Central, mais ici bas elle a le pied lourd…
Rangi : Non mais dis que je suis une grosse météorite, aussi !
—… elle doit donc s’habituer si je veux pouvoir l’emmener dans des coins plus « fréquentés » sans qu’elle se fasse trop remarquer. Et puis sa personnalité est encore trop « brut de décoffrage », il faut qu’elle progresse. Enfin plutôt qu’elle se souvienne, l’expression serait plus juste. Donc on se fait un week-end sur un atoll pour gagner en assurance. Ce qui me permet de lui filer plus d’infos, de lui parler des autres humains. En l’état, si je la lâchais dans une ville, elle passerait son temps à courir de surprises en surprises, excitée comme une puce électronique…
Rangi : (lui colle un coup de coude, et accroche le micro au passage) Oui, bon, je sais me tenir, tout de même.
—…Mais on va y aller doucement.
Rangi : J’peux ravoir une petite miette ?
(soupir fataliste ou décapsulage de bière, dur à dire) Comme vous pouvez le constater, cette gynoïde est une imitation quasi-parfaite, jusque dans les comportements les plus anodins et horripilants.
Rangi : (ricane) Je prends cela comme un compliment.

 

 

—Le morceau de ce soir est conçu pour vous faire sourire, il s’agit de « Everything is Fashion ! », par ninjadev, la bande-son d’une démo de 2015. Techniquement, ce n’était pas la pointe, mais c’est le genre de production faite avec beaucoup de coeur et de bonnes intentions, qui vous laisse souriant après avoir passé un bon moment.
Rangi : Exactement comme moi, donc. Je peux goûter ta bière ?

Note Technique : Un franc merci à CaliCoastReplay (remixeur de shader), TDM (l’auteur du code initial) et à la plateforme Shadertoy, qui m’ont permis, tous à leur manière, d’illustrer cet épisode avec une vue somptueuse du Pacifique à proximité de Motu Lambda. La puissance des mathématiques et de l’algèbre à moteur, c’est quand même quelque chose !

MSM #008

 

 

Prévioussement, dans MSM :
L’animateur-sans-nom s’est absenté de la base lunaire pour une raison inconnue, obligeant la fringante Rangiroa à venir le sauver des griffes du Consortium.
Dans la région de l’anomalie Reiner Gamma, elle a assisté -puis pris part- à une violente bataille. Une semaine plus tard…

(ton fatigué) Rahlalaaaa… Hé bien je viens de jeter un œil au courrier des auditeurs, et messieurs, c’est pas joli-joli. La Résistance est désormais passée au second-plan.
Il n’y en a plus que pour cette frimeuse d’IA : « Est-ce que Rangiroa va bien ? », « La pauvre ! », « Vous n’avez pas le droit de risquer sa vie ! », et patati, et patata, et « Quelle couleur de cheveux ? », et « Mensurations ? », et « Quand est-ce qu’on l’entendra de nouveau sur RBL ? » et « Le calendrier, c’est pour bientôt ? »
Haha, et puis quoi encore !?! Par la barbe diamagnétique des Bogdanoff, tenez-vous un peu, bordel !
Premièrement : la beauté de Rangi est peut-être éternelle, mais votre attachement, non. Ce n’est qu’une passade, un coup de chaud, un hack facile de vos systèmes nerveux supérieurs. Alors que la puissance politique, mes pauvres babouins en gilet de sauvetage, vous devez le comprendre, la puissance politique… Aujourd’hui celle de la Lune, mais demain, celle de Mars, et Jupiter, que sais-je ?! Hé bien la puissance politique dure à jamais.
Votre vieux cœur s’y réchauffera durant des siècles.
Vous croyez qu’il fait quoi, exactement, le Consortium Lunaire, pendant que vous discutez des proportions -certes divines- d’une waifu améliorée ?
Rangi : (depuis l’autre bout de la base, outrée) HÉ !
(léger sourire dans la voix) Quelqu’un a-t-il, par exemple, piraté le système CCTV du chantier au niveau du cratère Aristarque ? Vous ne trouvez pas que les opérations de terrassement s’éternisent, non ? Cinq ans ! Cinq ans qu’ils bâtissent le socle en « béton lunaire » de leur futur Technocentre ! Vous croyez vraiment à toutes ces histoires de malchance et de sabotage, alors que dans le même intervalle, les bases de Platon, Tycho et Clavius ont toutes triplé de taille ?
Et puis pourquoi creusent-ils, bon dieu ?! La région est déjà truffée de vieux tunnels de lave, un vrai gruyère. Ils auraient dû fournir une carte du système de grottes il y a dix-huit mois. Mais on a toujours rien vu !
Nan ? Cela ne vient toujours pas ?!
Okay ! Alors parlons de ce pic curieusement réfléchissant sur le versant Nord de la Mer Des Crises. Il a été signalé et observé depuis l’orbite dès l’époque des vols Apollo. Mais n’allez pas voir sur les cartes récentes de LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter), la quickmap a été heuuuuu, disons « mise à jour ». Ou « truquée ». Falsifiée. Comme vous voulez, vraiment.

Mais bon, vous avez raison, on s’en fout, après tout. L’important, c’est que Rangi est en parfaite santé. Vous voilà rassurés ? Elle est arrivée pile au bon moment pour me filer un coup de main. La diablesse a même réglé son compte à un char autonome équipé de deux tourelles à canons rotatifs. Une belle saloperie, ce tas de ferraille, les ingénieurs du Consortium ont pris du skill depuis notre dernière rencontre. Et avant d’attribuer tout le mérite de l’opération à ma compagne servo-contrôlée, sachez, bande d’ingrats, que c’était moi qui avais calculé la chose à la seconde près.
Oui, il y a encore un individu, sur ce foutu satellite, qui se bat pour ses idéaux. Enfin deux, en fait, puisque la mission de la semaine dernière consistait -justement et entre autres choses- à libérer un ahem… « employé forcé » du Consortium. Un autre anonyme qui a rejoint l’équipe de RBL, et que j’ai ensuite exfiltré vers… un lieu plus sûr que notre base pressurisée. Je vous le présenterai un jour, si vous vous reprenez -et qu’il nous rend visite.
Bref.

 

 

—Le morceau de ce soir s’appelle « Bros Before Foes » (par Hoffman et Ferris). Il est tiré de la démo du même nom par Logicoma. Si la Scène Démo était plus populaire, vous sauriez que le tout date de 2018. Mais non. Tout ce qui vous intéresse, c’est si Rangiroa a un [CENSURÉ] de compte Instagram.
Rangi : (de loin) J’y réfléchis !
—Rah non, ne les encourage pas, sérieux ! Ils vont te croire ! Bon sang, quelle triste époque. Allez, c’est la tradition, donc on enchaîne. Spéciale dédicace à ce pauvre tank intelligent qui nous a quitté. Son cerveau limité n’a pas bien compris ce qui lui arrivait…
Rangi : (voix très claire, bien dans le micro) Oui, bah il a quand même bien failli me couper en deux !
—… mais il ne faisait que son devoir. Une intelligence artificielle contre une autre. Hum… Voilà qui devrait tous nous faire réfléchir.
Rangi : Le Bien. Le Mal. Les Machines. (murmurant, suave, mystérieuse, et complètement ironique) Tout çaaaaaaaaaa…